L’origine de l’intérim




Pour beaucoup, l’intérim est une alternative récente au contrat de travail classique permanente. Mais derrière ce terme qui frise la modernité, il y plus d’un siècle d’histoire. Que raconter à propos de la création de cette formule d’emploi ?

Les prémices de l’intérim

L’histoire derrière la création de l’intérim, l’objet de l’entreprise de travail temporaire, se passe aux États-Unis. Un entrepreneur américain du nom de D.J Nugent, spécialisé dans le déchargement de bateaux à Milwaukee, a commencé à enrôler ses dockers auprès d’autres employeurs, ce, pendant les saisons où les activités portuaires étaient au point mort et où ses travailleurs quittaient la région pour d’autres horizons. Étant donné la récurrence des abandons durant ces périodes, il s’agissait donc pour lui de retenir ses ouvriers dans la région, afin de ne plus former de nouvelles équipes à la saison haute suivante. La création d’un véritable établissement d’intérim par la lignée Nugent se fait en 1948.

Dans le secteur des services, l’intérim commence aussi avec un autre américain, Samuel L. Workman, qui entame la « location » de techniciens en mécanographie à des entreprises, puis l’embauche de secrétaire… En France, le modèle américain de l’entreprise d’intérim obtient son pendant français en 1953.

Evolution de l’intérim dans l’histoire française

Au début des années 1950, en France, les entreprises d’intérim se comptent sur les doigts des mains, dont, parmi elles, la société BIS, qui deviendra un véritable précurseur de la formule en France… Dès le début des années 1960, les agences sont estimées à 170. Le marché de l’intérim compte 33000 employés en intérim en 1962. Et devant une pénurie en ressources humaines, dans un marché où les CDI sont la norme, le secteur de l’intérim prend de la place.

Les ETT augmentent en nombre dans l’Hexagone. Mais il n’y existe aucune législation ni réglementation permettant de les encadrer, de délimiter leurs activités ni de protéger les intérimaires. Puis face à une multitude de cas d’abus, les dirigeants des plus grands établissements d’intérim ETT plébiscite une réglementation de la profession et de l’intérim. La légalisation de l’intérim intervient en janvier 1972.

Les premières lois sur l’intérim

Différents dispositifs renforceront la première loi de 1972.  En 2005, des principes ont été définitivement établis, parfois pour changer d’autres. En plus de l’exclusivité de l’intérim accordée aux entreprises de travail temporaire ou ETT, on reconnait que :

  • le travail intérimaire ne doit pas remplacer un emploi permanent
  • le travail en intérim doit avoir une durée limitée
  • la clause d’exclusivité est immuable dans un contrat d’intérim.

Le marché de l’intérim de nos jours en France

Depuis les années 1970, dans un cadre de marché du travail difficile où le chômage prend de l’ampleur et prend plusieurs visages, le besoin d’une plus grande la flexibilité de l’offre se précise. Les ETT y répondent en créant une base de données importante de profils. En face, les sociétés utilisatrices prônent de la souplesse face à une compétition rude, tout en exigeant davantage de méthodes de qualification.

À côté des agences d’intérim, les organismes de promotion du travail d’intérim ainsi que les sites d’infos spécialisés dans ce secteur, comme Interimairesinfo.org/, rentrent dans le mécanisme, pour faire se développer le marché.

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